La conscience et son origine
La conscience humaine est un sujet complexe. Il est peu probable qu’une personne puisse en donner une explication rationnelle de bout en bout.
Afin d’en comprendre les mécanismes et l’origine (très probablement physique) on peut utiliser la méthode réductionniste de Descartes. On va morceler le problème jusqu’à en décrire les parties les plus simples. Ensuite la reconstitution du puzzle devrait nous permettre d’expliquer des comportements, des propriétés ou même pourquoi pas des phénomènes aussi étonnants que les synchronicités.
Comme l’a dit Freud : « Rappelons-nous que l’ensemble des comportements et pensées humaines reposent sur un substrat biologique ».
On peut paraphraser ou approfondir en disant : « La conscience humaine, si complexe et curieuse soit-elle, doit s’appuyer sur un substrat physique, pourquoi pas quantique. »
Il devrait être possible donc de retrouver les éléments et les lois constitutives de la pensée, au même titre que l’on peut retrouver les lois et les éléments qui constituent la matière (inerte et vivante).
Pour simplifier les choses, il semble utile de trouver une définition de la conscience plus simple que celle qui touche à la poésie ou aux théories mathématiques les plus complexes. Il faut en donner une approche plus simple.
Wikipedia propose une approche plus réduite : « La conscience comme sensation : tout être (sans préciser s’il est vivant ou pas, la limite peut être parfois ténue) doué d’une sensibilité peut être dit conscient, dans la mesure où il perçoit son environnement et répond à des stimuli (sous-entendu des stimuli extérieurs).
Une autre petite phrase simple peut nous guider à aborder la notion la plus simple de conscience : « Toute conscience est avant tout conscience de quelque chose ».
On ne parle pas encore d’intelligence, de conscience morale, de bonne conscience ou de chose trop compliquée sur lesquelles on ne pourrait pas dire grand chose.
On reste à la notion qui dit qu’un « objet » qui à « conscience » de la présence d’un autre objet (de son environnement) peut réagir. C’est tout !
C’est la définition la plus simple de la conscience de quelque chose. La particule est « informée » de la présence d’une autre particule distante par son champ électrique par exemple. Plus exactement, elle a pu recevoir un photon (qui est le boson intermédiaire de la force électromagnétique). Elle a reçu une certaine quantité d’information. Elle va réagir. En général elle va suivre la loi de répulsion ou d’attraction, etc.
Si l’on prend cette définition simpliste de « avoir conscience de », alors il est vrai qu’on peut identifier « avoir conscience de » à « interagir avec ».
La conscience serait dès lors une extension, une complexification de simples interactions physiques (électromagnétiques, gravitationnelles, etc).
Au même titre que la matière est un amas d’atome (plus ou moins complexe), la conscience serait un conglomérat (plus ou moins complexe) d’interactions minimales, diverses et nombreuses.
La conscience de haut niveau, celle de l’homme, est le plus haut niveau de cette complexification. Elle représente le plus haut « degré », mais il y a une sorte de continuité dans cette échelle. Il n’y a pas de « saut », de « discontinuité » dans ces niveaux de conscience. Certes il y a des différences énormes entre l’homme et la moule par exemple, mais cet écart n’a rien d’inexplicable ou de surréaliste.
C’est en fait la réaction à un stimuli qui va nous donner le niveau et la qualité de la conscience que l’on « mesure ».
L’intelligence, c’est la réponse à la conscience de quelque chose. J’ai conscience qu’un tigre arrive, je réagis en me sauvant vite. Je suis intelligent.
Pour avoir conscience de la présence du tigre, il me faut des yeux, des oreilles, enfin tout ce qui me permet d’être informé de sa venue. L’information qui arrive à mon cerveau utilise des canaux différents, mais qui respectent tous les sacro-saintes lois de la nature.
Si on détaillait de bout en bout comment l’information du tigre est arrivée dans ma tête, on verrai qu’il s’agit de photons, de particules odorantes, bref que chaque étape de cette transmission n’est constitué que d’interactions élémentaires (plus ou moins bien connues).
Alors, à part la complexité, qu’elle différence conceptuelle peut-on faire entre la petite particule qui « ressent » la présence de l’autre par un photon qui lui est transmis, et l’information qui m’informe de la présence du tigre ?
La prise de conscience n’est rien d’autre qu’un ensemble complexe d’interactions élémentaires.
La conscience ne s’appuie sur aucune magie, sur aucune discontinuité spéciale qui passerait du tournesol au moustique comme par magie, mais bien sur une simple complexification des interactions. Alors, après, on peut discuter des heures pour savoir où on met la limite, mais ça n’a pas d’intérêt. Il y a une réelle continuité !
La réponse à un stimuli, elle, dépend fortement de la complexité de l’objet qui le reçoit. Il est absolument clair, que le caillou ne réagit pas comme le tournesol lorsqu’on l’éclaire avec le soleil. Le caillou ne fait pas grand-chose (il chauffe un peu, il brille), le tournesol organise la sécrétion « automatique » de chaînes carbonées, oriente par un mécanisme biochimique déjà complexe, sa tige pour profiter du soleil et suivre la sacro-sainte loi de Darwin qui lui permettra probablement de mieux survivre. L’homme, lui, il va à la plage ou bien enlève son pull. Est-il plus intelligent que le tournesol ? D’un certain point de vue oui. D’un point de vue purement mécaniste, pas tellement.
Alors, maintenant, la question : « Quand je pense, quand je vois un arbre, qui voit l’image que j’ai dans la tête ? »
Ma réponse, c’est l’ensemble des particules qui constituent mon cerveau, pas seulement certaines, mais toutes. La réaction qui se fait, elle, dépend du réseau neuronal. Mais c’est seulement la réponse à « la conscience de » qui utilise le système neuronal. Le cerveau est un outil pour répondre à une somme importante de stimuli extérieurs, à l’ensemble des interactions physiques (ou des informations) qui arrivent en son sein.
La conscience n’émerge pas de la matière inerte comme un lutin qui sort de sa boite. La conscience n’est pas un drôle d’effet de la complexité biologique. Elle n’est pas l’apanage de l’être humain. Elle émerge de manière continue des particules inter agissantes. Il existe une forme de proto-conscience au sein de la matière.
Alain, le 3 juillet 2008
