Quelques intuitions à la base de ce site

En quelques lignes, voilà pourquoi nous produisons ce site.

L'hypothèse d'un fonctionnement quantique de la conscience part du constat que la physique classique ne peut totalement expliquer la conscience et suggère une implication des phénomènes quantiques, tels l'intrication et la superposition d'états, dans les fonctionnements du cerveau. Cela pourrait servir de base à l'explication de la conscience.

Cette théorie, loin d'être prouvée, n'en est qu'à ses débuts, elle a le soutien le Roger Penrose et de Stuart Hameroff.

A suivre...

 

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Alain

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et surtout : Un peu plus de congés !


Les vestiges d'un blog perdu :=))

    Linouss
  • Cerveau quantique et évolution darwinienne

    par Linouss @ vendredi, 14. mai, 2010 – 20:42:55

    Cerveau quantique et évolution darwinienne

    Il y a plusieurs années que j'ai acquis la conviction que le cerveau repose sur un fonctionnement quantique.
    Il y a de multiples raisons qui m'ont amené à penser ainsi.
    Les raisons proviennent à la fois de l'étude de la physique quantique en tant que telle, mais aussi la compréhension minimale que j'ai acquise au sujet des ordinateurs quantiques.
    Ces derniers sont capables de faire des calculs en quelque sorte parallèles grâce au phénomène d'intrication quantique. On pourrait grâce à ces ordinateurs de type totalement révolutionnaire factoriser de très grands nombres. Ceci est impossible avec les ordinateurs séquentiels classiques (même au prix d'une parallélisation massive).

    Il me semble que le cerveau, la conscience humaine, est doté de ce genre de capacités.
    Je pourrais passer des heures encore à justifier mon idée.
    Il me semble encore que la conscience humaine n'est qu'un niveau parmi un continuum de niveaux. Les singe n'a qu'un peu moins de conscience qu'un humain, un crabe est un peu moins conscient encore. Un tournesol qui s'oriente vers le soleil représente un niveau de conscience encore inférieur mais pas radicalement différent. Seul le niveau est différent mais pas le fondement.
    Pour moi, c'est l'interaction qui crée la conscience.
    Une part (une partie) de l'univers prend conscience d'une autre partie au travers des interactions « physiques » (quelle soient électromagnétiques par échange de photons ou encore informationnelle par l'échange d'informations au travers de réseaux divers). La réaction (au sens de stimuli/réaction) qui s'en suit, qu'elle soit une simple réponse aux lois physiques ou chimiques ou encore une réponse hypercomplexe que génère un organisme vivant n'est qu'une réponse. En ce sens, le caillou qui tombe a juste conscience de la présence de la Terre. Sa réponse : Il tombe.
    Si la plupart des gens sont d'accord avec l'idée qu'un singe ou un chien puisse avoir une forme de conscience, l'idée devient difficile pour un mollusque et absurde pour un tournesol ou a fortiori pour un caillou. La différence entre le monde inerte et le monde vivant ne repose, de mon point de vue, que sur la complexité des réponses à une information. La caillou tombe, le tournesol par le biais de réactions phisico-chimiques assez complexes s'oriente vers le soleil pour optimiser sa croissance. Le singe dispose d'une infinité de comportements pour se maintenir en vie. L'homme fait tout cela, mais en infiniment mieux.
    Il ne faut pas voir là une « réduction » de l'homme à un simple comportement (simuli/réaction). Je ne suis en aucun cas simplement béhaviouriste.

    Bohm imagine déjà dans ses modèles de conscience une sorte de proto-conscience. Toute « interaction » représente, pour moi, une sorte de proto-conscience. Mais nous y reviendrons.

    Mais une autre idée me vient qui ne fait que s'inscrire dans ce cadre général d'un fonctionnement quantique de la « conscience ».
    Je viens de lire un livre qui évoque le cerveau comme un « condensat de Bose-Einstein ». Cette hypothèse de David Bohm est assez ancienne et personnellement j'ai cette idée en tête depuis plusieurs années avant même de l'avoir lue.

    Le cerveau serait, de mon point de vue, un ensemble de neurones qui formeraient un « condensat de Bose-Einstein » synchronisé, coordonné par un échange « électro-chimique » que supportent les connexions synaptiques. Au cœur de chaque neurone repose un « boson » (peut-être un atome ou une molécule ou autre chose, phonon …) qui se trouve en forme condensé avec l'ensemble des autres. Les microsites dont parle John C. Eccles dans son livre doivent être ce genre de réceptacles pour les bosons. Ils doivent être hyper-isolés du reste du monde pour permettre le maintien d'une fonction d'onde durable (plusieurs années).
    La fonction d'onde est donc collective. Elle représente la conscience « profonde », celle qui n'est pas directement révélée par des mots ou du langage mais plutôt symbolique. Elle est une fonction d'onde potentielle (mais probablement bien réelle, plutôt un substrat d'énergie qu'une simple fonction mathématique densité de probabilité).
    Dès lors que cette fonction d'onde est « mesurée », elle prend la forme d'un « acte » (un mouvement du bras par une cascade d'amplifications cérébrales, ou encore une parole). Il peut aussi s'agir d'une pensée au sens conscient du terme. Il peut s'agir d'un raisonnement logique, etc.
    Je vois deux niveaux de conscience, une qui permet la superposition des idées (comme une superposition quantique) et l'autre qui parvient à la conscience active, logique (comme celle du réduction du paquet d'onde).
    L'esprit prend « réalité » au travers d'une sorte de « mesure » au sens quantique du terme.
    Par cette émergence à un niveau de réalité différent, l'esprit devient un geste, un acte, une parole ou un choix.

    Mais, ce n'est pas là le propos que je veux développer ici.
    L'idée nouvelle est la suivante, et repose sur une autre lecture qui met en « questionnement » le Darwinisme classique.

    Darwinisme en question

    Dans son livre « La boite noire de Darwin » l'auteur évoque la notion de « complexité irréductible » lorsqu'il évoque certains composants biochimiques au sein de certains êtres vivants.
    Pour faire bref, certains organes du vivant semblent si complexes, si compliqués qu'il est extrêmement difficile d'expliquer leur apparition par des phénomènes très progressifs. L'évolution darwinienne, en effet, est basée sur l'hypothèse d'une mutation aléatoire suivie d'une phase de sélection. Mais la mutation doit être relativement simple et progressive pour approcher de proche en proche un organisme ou un organe plus évolué.
    Il ne peut pas y avoir de « saut » entre deux organes successifs (et assez radicalement différents) sur la chaine évolutive.

    L'auteur américain, Michael-J Behe, évoque cette difficulté flagrante sur plusieurs exemples extrêmement bien décrits. Pour lui, il semble qu'une sorte « d'intelligent design » permettrait ces « sauts évolutifs ».
    On voit là une résurgence ou une tentative des « créationnistes » d'imposer de nouveaux modèles pour imposer Dieu. En créant une sorte de procès d'intention à l'auteur on croit avoir récusé toutes ses idées scientifiques. C'est une immense « connerie ».
    Mais peu importe. Mon objectif n'est pas de défendre l'auteur contre la connerie ambiante, qu'elle provienne des créationnistes ou des pseudo-scientifiques en croisade pour un rationalisme stérile.

    Si la complexité irréductible existe, comme je le pense (elle est en tout cas largement décrite en terme intelligibles dans la thèse de Behe), la bonne question serait plutôt de se demander d'où pourrait-elle provenir ?
    S'il apparait des sauts évolutifs difficiles à expliquer dans un cadre darwinien, comment peut-on les expliquer dans un autre cadre (scientifique si possible) ?

    Mon idée principale réside dans la possibilité à un niveau quantique de constituer des « condensats de Bose-Einstein » à divers niveaux de complexité. Au même titre que le cerveau serait un immense condensat, un micro-organisme disposerait de propriétés similaires, des origines similaires et donc de capacités similaires (capacités à anticiper, à raisonner, à prévoir, à « réfléchir » à un niveau simple mais bien réel).

    Une autre idée encore plus farfelue tente de répondre à la question qui taraude nombre d'anti-darwiniens (non primaires). En effet, on critique souvent le darwinisme aléatoire pour la rapidité des certaines évolutions. Parmi les milliards de milliards de combinaisons possibles dans l'ADN, comment se fait-il que l'évolution aille parfois si vite ?
    Comment certains micro-organes irréductiblement complexes (comme la flagelle cellulaire par exemple) peuvent-ils apparaitre dans ce hasard ? Certains pensent que c'est, d'un point de vue purement probabiliste, impossible sur la durée finie de l'Univers avec un nombre fini de particules.
    Si l'étendue spatiale de la conscience est supérieure, alors des évolutions « intelligentes » peuvent émerger sur des colonies importantes de ces micro-organismes. En d'autres termes, l'intelligence collective permet l'apparition de variations (aléatoires ou pas) qui optimise la « vie » et par conséquent constitue une avancée évolutive. La sélection naturelle se charge ensuite de faire son travail.

    On parle souvent du caractère holistique de la conscience. Je veux dire que certains pensent que la conscience serait plutôt une sorte de substrat du réel sur lequel le cerveau humain viendrait se « brancher » (c'est un peu le modèle du poste de radio qui capterait une onde). Les grandes Traditions ésotériques évoquent cette idée. Jung avec sa notion d'inconscient collectif évoque peut-être une idée similaire ou proche. Mais peu importe cette idée un peu farfelue. Ce qui m'importe ici c'est une sorte d'étendue spatiale (ou temporelle) de la conscience. Elle ne repose pas simplement sur un assemblage électrochimique (l'homme neuronal) mais sur une collectivité, une mise en commun des proto-consciences plus profonde. La conscience pourrait disposer d'une certaine étendue grâce à la propriété des fonctions d'onde quantiques.
    Supposons qu'un organisme soit une entité « cohérente » au sens de condensat de Bose-Einstein, alors il me semble plausible que « l 'intelligence » soit une qualité étendue. L'intelligence de l'ensemble de l'organisme pourrait être beaucoup plus répartie qu'il n'y parait. On cantonne souvent l'intelligence cognitive au cerveau, je pense que cela limite l'étendue à la fois de l'intelligence humaine, mais aussi de l'intelligence tout court (au sens de « intelligent design »).

    Par extension, on pourrait, pourquoi pas, expliquer les processus évolutifs rapides (trop pour être simplement aléatoires) et irréductiblement complexes par une sorte de proto-intelligence reposant sur une sorte proto-cerveau à un niveau microscopique. L'organe d'un micromètre situé dans une cellule vivante pourrait disposer à son propre niveau d'une forme de proto-intelligence lui permettant d'émerger du simple aléa.

    L'intelligent design loin d'être une théorie purement irrationnelle à la solde d'une nouvelle église, pourrait être une explication simple, d'un niveau de rationalité supérieur au service de la compréhension du vivant et du phénomène de la conscience.

    En essayant de comprendre le fonctionnement de la conscience (du cerveau, de l'intelligence, etc) on voit apparaitre des possibilités d'explication de l'évolution du vivant (darwinisme moins aléatoire). A l'inverse, en observant le vivant et ses processus évolutifs (éminemment intelligents), on trouve le cadre d'une explication au phénomène de la conscience.

    « J'ai l'intime conviction qu'une forme d'intelligence vitale et créatrice pré-existe bien avant l'intelligence humaine. »
    Alain Cagnati, le 11/05/10

    Nota : Il peut, dès lors, sembler moins absurde d'imaginer une rétroaction du corps (et de l'esprit global au sein du corps) sur le patrimoine génétique (l'ADN ou noyaux cellulaires). Les modifications génétiques soit-disant aléatoires dans la théorie de Darwin deviennent plus « réfléchies » dans le nouveau cadre exposé ci dessus. Et même si le processus reste purement aléatoire, un processus sélectif « intelligent » peut être à l'œuvre. De la même façon que j'explore (peut être de façon aléatoire) un ensemble de solutions à un problème posé, et j'en sélectionne une qui est la bonne.
    Ce phénomène peut expliquer la rapidité avec laquelle l'homme a fait un « saut » évolutif. Sauts évolutifs qui semble d'ailleurs n'être pas si rares dans la nature.
    L'intelligence appelle l'intelligence, la sélectionne. Il y aurait une sorte d'eugénisme cellulaire au même titre que des humains bien pensant pourraient sélectionner certains individus dans un but déterminé. Je ne veux pas parler de « finalité » mais simplement de capacité à anticiper, à prévoir, à calculer. Ce que la conscience humaine peut faire, la nature peut la faire à un niveau ou à un autre. Exclure cela, c'est extraire l'homme de la nature. C'est absurde. C'est encore plus con que le créationisme.

  • Amour (puisque c'est un peu le titre et la vocation de ce blog :=)

    par Linouss @ jeudi, 29. mar, 2007 – 21:49:10

    Pour l’homme, il n’existe que deux femmes. Une qu’il imagine et l’autre avec qui il vit. L'idéal étant qu'elles se ressemblent le plus possible :=)

    Les idées sont parfois si loin de la réalité qu’il semble que l’on ne puisse jamais les réunir. Imaginer un amour si grand, si beau, si vrai n’est-il pas une pure chimère de l’esprit ?
    Roméo et Juliette, morts l’un pour l’autre, ne seraient-ils que des fantasmes d’un amour surréaliste et pour le moins romanesque ?
    Peut-être bien.

    Quoiqu’il en soit, l’homme ne devra jamais renoncer à sa quête d’amour. Il est la seule et unique valeur vers quoi la vie doive et puisse s’orienter.

    L’amour, quel que soit sa forme, est un élan gigantesque orienté vers le haut.

    La vie et l’amour sont les deux facettes d’une réalité qui nous dépasse, d’un être qui nous anime et nous englobe. La vie est la substance de la réalité divine, l’amour en est à la fois son essence et sa finalité.

    L’esprit, au sens le plus large, n’a qu’un but : tenter de se circonscrire lui-même. Et curieusement, en touchant ses limites il perçoit sans cesse de nouveaux horizons. Il perçoit par la même occasion sa propre réalité ; son êtreté.

    J’étais seul avec moi-même. Je n’aimais pas cela. Je n’avais pas le choix alors je décidais de m’y faire. Il fallait bien accepter. Mais les choses s’arrangèrent, ma seule compagnie me devint moins insupportable. Je parvint même à apprécier quelques uns des mots d’esprit qui semblaient émaner de je ne sais où. Il semblait y avoir quelqu’un au fond de moi qui chuchotait, alors je le laissais parler. Il tapait sur le clavier de mon ordinateur comme pour me donner un message.
    - Le message que je formule est universel. Me dit-il.
    Il est intemporel. Il n’a ni commencement ni fin. Il n’a pour but que de prendre conscience de lui-même. Quoi qu’il puisse arriver, il ne cessera d’exister. Il est l’existence même.

    Je ne savais quoi penser. Quelqu’un, à l’intérieur de moi, pouvait-il exister ?
    J’avais lu mille livres de sagesse, et tous disaient qu’il fallait faire taire sa raison, son esprit, sa simple rationalité. Il ne fallait plus penser, mais faire l’expérience intérieure de la chose.
    Pourquoi pas ?
    Chaque chose à un rôle à jouer et c’est dans la perfection de ce rôle que réside le bien. Se pouvait-il que l’Homme soit capable d’amour ?
    Rien ne semblait l’indiquer de manière générale, mais quelques élus, quelques avatars, semblaient avoir su percevoir le message divin. Ils en faisaient écho auprès de foules aveugles et souvent stupides. Et malgré cette pauvreté d’esprit, les foules s’animaient de mouvements incroyables. Les cœurs, eux, étaient réceptifs aux appels de ces prophètes.
    Malheureusement, la voix de ces prédicateurs fut souvent couverte par des appels plus bassement humains. La raison, et la peur qui en émanait semblait tarir la bonne nouvelle et la retourner même pour en faire un instrument de guerre et de désolation.

    Le message se mit en sommeil.

    Il devait renaître sous une autre forme. Il devait reprendre des forces et surtout s’immiscer dans le cœur des hommes. Au sein du plus grand nombre.

    La chose opéra.

    Quelques siècles seulement après la crucifixion du meilleur d’entre les hommes, le message refit son apparition. Il ne venait plus des églises, il ne venait plus des hommes mais il parvenait directement du centre.
    Dans l’esprit même des hommes le message semblait retrouver un nouvel écho. La raison même commençait à s’y plier. Elle se mettait au service du courant universel de la nature et non plus aux ordres de ses propres limitations.
    En découvrant ses limites, la raison reconnaissait son rôle dérisoire presque insignifiant au vu de la grandeur.

    La raison devait reprendre sa place au service du cœur.

    L'heure était venue.

    Bien entendu, les raisonneurs, les peureux, les rationalistes idiots ainsi que les hommes à lunettes, scientifiques étriqués ou financiers cupides tentaient de résister à ce mouvement.
    Leurs cœurs enfermés ne pouvaient pas percevoir la beauté du monde.
    Ils persiflaient et tentaient de raviver toutes les blessures de l’histoire ou les guerres de religion. Les pauvres, ils n’avaient pas lu Jung. Ils ne se savaient pas atteints de cette maladie mentale, cette aversion des religions qui devient un véritable aveuglement et vous transforme en un sombre abruti.

    Ils alarmaient, criaient aux sectes, fustigeaient ce qu’ils appelaient les faux prophètes ou gourous en tous genres. Mais l’écho de leur voix semblaient faiblir.
    Les sectes semblaient dérisoires. La voix des gourous n’étaient entendue que par quelques ahuris échappés de la drogue ou de la faiblesse mentale que la société avait su cultiver.
    Les persifleurs scientistes semblaient de plus en plus comme de pauvres prédicateurs échevelés appelant à une dernière guerre dogmatique.
    Hélas pour eux, les temps avaient changé.

    L’heure était à l’intelligence humaniste. L’intelligence du cœur. L’intelligence UNE.

    FIN

    Postscripum :
    *****************
    La haine, la peur, la détestation nécessitent, pour être expliquées, une introspection profonde. Trouver leurs racines est le but essentiel de tout travail de libération (de soi-même pour commencer). Lors de cette quête pacificatrice, il est possible de rencontrer l'Amour, dans des profondeurs plus grandes encore. L'Amour devient alors la seule évidence. La simplicité au milieu d'un océan de confusion et de souffrance. AC Le 31 mars 2007
    *****************

  • Le cerveau et la conscience...

    par Linouss @ mardi, 17. oct, 2006 – 20:25:25

    "Chaque fois que nous procédons à une découverte qui assure le lien entre le dedans et le dehors, nous sentons que nous approchons d’une chose intangible, insaisissable autour de laquelle nous nous mouvons en spirale.C. G. Jung

    "La connaissance scientifique du monde n’est assurément pas le seul chemin de notre pensée: il en est d’autres qui, eux, ne connaissent pas les mêmes règles logiques contraignantes. Je veux parler, entre autres, du sentiment de beauté, de la passion, de la foi, des élans moraux, de l’appétit de justice, royaume intérieur où les exigences et les limites de la connaissance scientifique n’ont plus cours. Là, les vertiges de nos interrogations illusoires ont disparu, laissant le champ libre à tous les émerveillements. La cage est ouverte, le foisonnement est illimité. A défaut de sens de la vie, le sens de notre vie peut atteindre sa plénitude.Martin Heidegger

    "L'intellectualité ne devrait pas se séparer de la spiritualité. Je sais bien que nous avons perdu le sens de ces relations de l'intelligence et de l'âme. Et notre époque pâtit de ce partage qu'elle a consenti entre la technique et l'esprit.Jean Guitton, Le travail intellectuel, Paris, Aubier, 1993

    "Le chemin de la Sagesse ou de la Liberté est un chemin qui mène au centre de son propre être.Mircea Eliade

    ----- "Partout le sens se perd au profit du rendement. -----" PASCAL DIBIL, La passion du regard, Métailé, 1998

    Qui ne s'est demandé un jour comment l'esprit et le cerveau interagissaient ensemble. La conscience ne serait-elle que le résultat d'une somme hyper-complexe d'interactions physico-chimiques, "biologiques" ?
    Comme le dit Freud :
    "On doit se rappeler que toutes nos connaissances psychologiques sont provisoires et doivent un jour être établie sur le sol des substrats organiques.Freud
    Y-a-t-il un substrat plus fondamental ?
    Probablement ...

    A suivre

  • Le temps de la conscience

    par Linouss @ lundi, 09. oct, 2006 – 21:18:33

    Qu'est-ce que le temps ?

    Vaste question.

    Une réponse curieuse et profonde m'a envahi un jour : L’espace est le lieu où se déploie la matière, le temps est le lieu où se déploie la conscience.

    Bizarre non ? :=))

    Saint Augustin disait : "Qu'est ce que le temps? Si personne ne me le demande je le sais, mais si on me le demande et que je veuille l'expliquer, je ne le sais plus."

    Le second principe de la thermodynamique prévoit que l’entropie d’un système isolé croît, augmente toujours. L’entropie semble être l’équivalent du désordre. Et, par là même, l’inverse de l’ordre, de l’organisation, de la complexité du vivant par exemple.

    La conscience semble sans cesse s’opposer à ce principe. Elle tente de s’accroître elle-même, de s’organiser et de lutter contre cette fin inéluctable que propose la physique.
    En ce sens, on pourrait dire que le temps qui passe, le temps des scientifiques, le temps « normal » va vers un certain déclin, un certain désordre thermodynamique.
    La conscience, elle, semble aller en sens inverse.
    N’est-ce pas de cette intuition que semble provenir cette quête d’un âge d’or passé ?
    Les traditions ne parlent-elles pas d’une certaine « chute », et d’un retour possible ? (comme un retour dans le temps ?)

    A suivre …

  • La quête de sens...

    par Linouss @ dimanche, 01. oct, 2006 – 20:42:37

    "La névrose, est la souffrance d'une âme qui a perdu son sens." Carl Gustav Jung

    La plupart des articles de ce blog ne sont pas dans le bon ordre. Je ne suis pas sûr d'ailleurs que l'ordre soit si important. Ce qui me semble important étant de trouver une homogénéité, une cohérence, une unité dans tout ce qui est dit sur des sujets aussi variés que la conscience ou la physique théorique.
    Le but n’étant pas de produire une démonstration linéaire mais de brosser un tableau une grande toile, un tissus. La fusion de toutes les idées se produisant parfois sous forme d’une vaste émotion, d’une intuition fulgurante et éclairante.

    Ce qu’il est important de noter, c’est que l’approche que j’adopte est toujours spiritualistedans le sens où les lois d’évolution qu’elles soient humaines ou naturelles sont similaires. Je n'ai pas toujours eu cette approche. Elle m'est apparue après une longue étude pluridisciplinaire, multidisciplinaire et de plus en plus transdisciplinaire.

    "La transdisciplinarité est une tentative pour retrouver un équilibre entre le savoir et l'être."Basarab Nicolescu

    Je dirai par exemple que l’homme, dans sa quête de sens, cherche une unité intérieure. Il cherche à accorder toutes ses idées entre elles. Il semble que l’Univers dans son ensemble, étant régi par les mêmes lois spirituelles, cherche à établir la même harmonie. La physique théorique et la théorie des supercordes en particulier semble se développer en produisant une théorie mathématique auto-cohérente. Si la théorie est logique avec elle-même, à partir bien entendu de quelques prémisses physiques, alors elle peut être « bonne ». La production intellectuelle trouve une sorte de densité, de validité, de force si elle est simplement cohérente. L’Univers se comporte comme ça, comme l’idée qui tente de le décrire. Il y a une sorte de fusion entre l’observateur « pensant » et l’Univers « observé » en ce sens que l’idée primordiale est la même qu’elle soit issue d’une conscience créatrice (un truc comme un Dieu, un phénomène créateur quel qu'il soit) ou bien qu’elle soit issue d’un scientifique génial.
    Depuis l’avènement des deux grandes théories physiques du XXeme siècle, la mécanique quantique et la relativité, il y a une sorte de « dématérialisation » du monde. L’éther n’existe pas. On flotte sur « rien », aucun référentiel ne semble privilégié et ceci aurait du mettre la puce à l’oreille des grands matérialistes. Le monde semble de plus en plus immatériel. Il n’est régit que pas des théories mathématiques et des interactions donnant « l’illusion » d’une certaine matérialité des objets physiques. On a du mal à penser que la dureté d’une boule de pétanque puisse provenir d’une simple « idée », mais pourtant.
    Les Traditions orientales disent sensiblement la même chose. Tout n’est qu’une vaste illusion. Je crois profondément que ceci est vrai.

    La quête de sens.
    Chaque homme, dès lors qu’il a obtenu un minimum de sécurité matérielle pour assurer sa survie, se pose un certain nombre de questions. Il cherche à s’assurer une certaine sécurité intellectuelle. Il recherche ses origines, l’origine du monde. Il se demande si tout cela a un sens. Il s’interroge au sujet de la mort.

    Une chose importante est de définir ce que l’on appelle « sens ».
    Tant que le sens n’est pas là, il ne semble pas régner au sein de l’esprit cette paix intérieure, cette absence de souffrance.

    Une intuition à la fois diffuse et précise me fait penser que l’Univers entier recherche un accord global avec lui-même. Il faudrait des milliers de pages pour exprimer cette conception du monde.
    Mon approche est facilitée quand je constate les mêmes mouvements en mon for intérieur.
    Dans le très bon livre de Richard Maurice Bucke, « La conscience cosmique », l’auteur parle d’une similitude évidente entre l’évolution humaine au fil des âges et l’évolution spirituelle intime, in petto, au cours de sa vie.
    Et bien je pense comme lui.

    Plotin: "La Vérité ... elle est en nous. Ici, les objets que nous contemplons et cela qui contemple sont identiques. Les deux sont une même pensée. Le sujet ne peut sûrement pas connaître un objet différent de lui-même. Le monde des idées réside à l'intérieur de notre intelligence. La Vérité, par conséquent, n'est pas l'accord entre notre appréhension d'un objet extérieur et cet objet lui-même. C'est l'accord de l'esprit avec lui-même. La conscience, donc, la seule base de certitude. L'esprit est son propre témoin."

    "Comprendre la volonté du Ciel conduit à la sagesse." Confucius
    Voilà peut-être une indication précieuse dans la recherche du sens.
    Comme le dit Hubert Reeves : "La question n'est pas de savoir si Dieu existe ou non. Mais plutôt : qui est-Il, et à quoi joue-t-Il ?"
    Dit-il une chose très différente de Confucius ?

    Encore une de Hubert Reeves au hasard de mes lectures :
    "En tout anthropomorphisme on peut dire que, en créant l'être humain, la nature s'est donné un coeur. La compassion n'existe peut-être pas au niveau de l'ADN mais certainement au niveau de la personne tout entière. Ce sentiment - ne pas être indifférent à la souffrance des autres - est pour moi le plus beau sentiment humain. La compassion " est " dans la nature , elle a engendré un être capable de compatir et d'offrir son aide. Cette constatation me paraît passible de donner un sens et une orientation à l'existence humaine."
    A suivre …

  • Au sujet du processus créatif

    par Linouss @ dimanche, 01. oct, 2006 – 19:05:57

    Ceci est une réflexion non aboutie. Aidez-moi à réfléchir, donnez-moi votre avis. Merci

    Un homme invente un outil, une machine, une méthode. Il utilise son esprit. Personne ne peut penser de prime abord qu'il le fait au hasard.

    La nature, elle, a « inventé » les lois de la nature, la vie, les processus biologiques, la complexité du vivant, etc. Qui peut penser qu’elle le fait au hasard ? C’est pourtant la vision matérialiste la plus courante dans le monde scientifique actuel.

    Le processus créatif, qu’il émane de la nature ou de l’esprit humain doit se comporter de la même façon. C’est l’hypothèse minimale d’une vision spiritualiste. En effet, être spiritualiste, c’est penser que seul l’esprit est important, primordial ou prééminent. C’est surtout observer que cette similitude entre la pensée humaine et la conscience universelle qui déploie les lois de la nature est une évidence. Les grandes Traditions le disent depuis longtemps. Le monde est une émanation d’une pensée primordiale. Il n’est pas étonnant que l’homme en hérite. Il hérite des attributs, des propriétés, des capacités de ce qui l’a engendré.

    On peut se demander tout de même si l’invention humaine n’est pas simplement un processus chaotique ou hasardeux. Dans ce cas, la création est un phénomène peu probable ou probable qui dispose cependant d’un mécanisme de sélection a posteriori.
    Comme l’évolution darwinienne qui procède par des mutations génétiques aléatoires suivies d’une sélection basée sur une adaptation au milieu extérieur, le processus créatif pourrait opérer de la même façon.
    Quel est le critère de sélection ? Qu’est ce qui fait qu’une invention est meilleure qu’une autre ?
    On peut même arriver à penser, dans ce cas, que l’invention n’est qu’une découverte. L’homme découvre une potentialité. Cette découverte adopte sa légitimité de sa cohérence de son accord avec les lois fondamentales.

    Comme pour le domaine mathématique qui est découvert, comme pour les lois de la physique théorique qui se dévoilent peu à peu mais semblent préexister avant l’observateur, on pourrait imaginer que le processus créatif humain n’est qu’une exploration aléatoire d’un monde des potentialités « possibles ». Pourquoi pas ?

    Une question vient : Qu’est-ce qui pousse le monde à sans arrêt évoluer ? Qu’il le fasse de manière aléatoire ou bien de manière « intentionnelle » avec un objectif finaliste, pourquoi le fait-il ? Vers quoi va-t-il ?

    A suivre …

  • Connaissance de soi, connaissance du monde

    par Linouss @ dimanche, 01. oct, 2006 – 16:23:02

    En quoi la "connaissance de soi" permet-elle de mieux comprendre le monde ?

    La réponse est à la fois simple et complexe.
    Elle est d'abord complexe parce qu'elle nécessite la connaissance, la compréhension de domaines très variés comme la physique, les mathématiques, l'astronomie mais aussi la psychologie, l'histoire, la philosophie et bien d'autres domaines.
    Au sein de cette complexité émergent des grandes lois, des grands principes.
    Ces principes sont dits "spirituels". Pourquoi ?
    C'est ici que les choses deviennent simples. L'esprit de l'homme et l'esprit de la nature fonctionnent de la même façon !

    Cette découverte étonnante doit être vécue intérieurement. C'est une émotion, une intuition fulgurante et gigantesque. A défaut d'être démontrable, on peut en brosser les contours. On peut essayer de communiquer par des mots, par différents langages (langage naturel, mathématique, poétique, symbolique, musical, etc), toute sa vitalité et sa réalité profonde.

    Le monde est spirituel. Il fonctionne donc comme l'esprit humain. L'inverse est évidemment vrai, l'homme et son esprit en particulier fonctionne comme le monde.

    Comme l’a dit Pierre Teilhard de Chardin : « Tout ce qui monte converge. »
    Au fur et à mesure d’une meilleure compréhension du monde extérieur, l’homme dévoile peu à peu son fonctionnement intérieur. En se connaissant lui-même, il connaît mieux l’Univers. En ce sens toutes les connaissances accumulées convergent vers une compréhension approfondie, mais aussi vers une unité du savoir.
    Cette unification intuitive permet à l’homme de trouver sa propre unité intérieure mais aussi extérieure.
    Nous sommes liés, reliés au tout. En chaque homme réside un Univers entier.
    Comme le dit Hubert Reeves : « Pour expliquer un brin de paille, il faut décortiquer l’Univers. »
    De même pour comprendre le monde, il suffit de comprendre l’humain. La tâche est ardue, mais elle ne doit pas nous rebuter. Elle constitue l’une des plus belle quête de l’Univers. La quête du Saint Graal d’une manière symbolique.

  • Quelques mots sur le titre de ce blog.

    par Linouss @ dimanche, 01. oct, 2006 – 15:24:05

    "La raison passionnée..."
    Raisonner la passion semblerait réducteur.
    Par contre, passionner la raison est une évolution spirituelle plus intéressante.
    Cette révolution de l’esprit est nécessaire pour chacun ainsi que pour l’humanité entière.

    L'homme, après avoir eu foi en Dieu doit avoir foi en l'Homme. Ceci ne doit en aucun cas être pris dans un sens anthropocentrique. Rien ne nous permet de nier l’existence d’un Dieu créateur, bien au contraire. Le sens de la transcendance est fondamental. Avoir foi en l’Homme nous permettrait aussi de retrouver la foi en une force créatrice résolument orienter vers le bien et vers la Vie.
    L’Homme cherche Dieu ; Dieu cherche l’Homme. Leur rencontre détermine l’orientation ultime de toute la création, de toute évolution spirituelle individuelle ou collective.

    Avoir foi en l’Homme c’est avoir foi en Dieu.

    La vérité : Y-a-t-il quelque chose de plus utile dans ce monde où règne la confusion, la haine, la vanité, la cruauté, la bêtise mais surtout l'ignorance ?
    La raison « raisonnable » peut-elle suffire à nous sortir de l’ornière ? C’est peu probable.
    L’humain dispose d’un autre moyen pour s’extraire de la roue infernale de l’angoisse : laconscience.
    Accroître sa propre conscience, la conscience de soi en même temps que la connaissance du monde, réduire son « ego » source de souffrances de peurs et de conflits, être plus libre pour aimer plus, voilà un programme nécessaire. Transcender la simple « raison », voilà la quête indispensable à la survie de l’espèce humaine.

    Il semble exister deux grands principes dans la nature, l’amour et le logos (logos et éros, principes masculin et féminin). La raison correspond globalement au logos. Mais sans l’amour, cette raison reste inefficace.

    Elle peut même être mortifère.

    L’éros, lui, est un principe de vie. Négliger cet aspect fondamental de la conscience nous mène lentement depuis plusieurs siècles d’un matérialisme effréné vers le gouffre du non-sens.

  • Jésus, héritier de Lao Tseu ?

    par Linouss @ dimanche, 01. oct, 2006 – 14:54:01

    Des ressemblances troublantes existent entre ces deux grands textes sacrés :
    L'évangile de Saint Jean et
    Le Tao Te King de Lao Tseu

    Les évangiles sont globalement des textes raportant la vie et les enseignements sacrés de Jésus (Maître Jésus).

    J'en viens à me demander pourquoi de telles similitudes se retrouvent entre un Lao Tseu (570 à 490 avant J-C) et un Jésus 600 ans après.

    Voici quelques exemples frappants :
    Lao Tseu :
    67 - Aujourd'hui, on manque de Charité et par suite de courage; on manque d'économie et par suite de générosité ; on refuse la dernière place et l'on perd ainsi la première. C'est la voie de la mort, certes ! Mais si l'on a pour arme la Charité, on est sûrement victorieux. Celui qui pratique cela est invincible, le Ciel le secourt et il est protégé, par sa miséricorde.
    Matthieu 20 : 6-16
    Ainsi les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers. Les gens au cœur fier qui ont été au premier plan dans leur propre estimation peuvent être les derniers à la vue de Dieu car Dieu juge et récompense les hommes selon l’esprit dans lequel ils ont agi et selon les occasions qui se seront présentées à eux.

    Lao Tseu :
    19 - Renoncez au savoir, ne vous mêlez plus de morale. Le peuple s'en trouvera cent fois mieux. Abandonnez toute justice humaine et chassez ses lois. Le peuple redécouvrira les vertus familiales. Renoncez au luxe, bannissez le profit. Il n'y aura plus de voleurs ni de bandits. renoncez à tout cela et croyez en l'inutilité de l'apparat. Soyez simples,
    demeurez fidèles à vous-mêmes. Rejetez de vos cours l'égoïsme et les désirs. La voie s'ouvrira devant vous.
    Matthieu 5:3 dit :
    Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !

    Lao Tseu :
    67 ... Il y a trois trésors que je garde en moi : Le premier est l'amour. Le second est la frugalité. Le troisième l'humilité. ...
    Jésus :
    Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.

    Lao Tseu :
    12 - Les richesses l'empêchent de progresser. Ainsi le Sage tourne son regard en lui-même et, loin du tumulte et des passions, exerce librement son choix.
    Jésus :
    32) Vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous rendra libres.

    Lao Tseu :
    44 - ... L'avare qui prévoit et amasse subit de lourdes pertes. Celui qui se contente de ce qu'il a reste serein.
    Jésus :
    « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille, qu'à un riche de pénétrer dans le royaume des cieux».

    Voilà quelques exemples d'un enseignement curieusement similaire.

    ... à suivre ...

  • "Au commencement était le Logos..."

    par Linouss @ samedi, 30. sep, 2006 – 20:42:37

    L'évangile de Saint Jean commence par cette phrase :

    "Au commencement était le Logos"

    Certaines traductions sont apparemment différentes :
    "Au commencement était le Verbe"
    "Au commencement était le Discours"
    "Au commencement était le Souffle"
    "Au commencement était la Parole"

    Je vais essayer de vous montrer que la diversité des traductions reflète en réalité la profondeur de cette première phrase de l'évangile.
    La plupart des grands textes mystiques disposent "curieusement" de divers niveaux de lectures.
    Une parabole de Jésus, de Lao Tseu ou de Mahomet constitue en premier lieu une énigme. Une évocation mystique s’approche plus d’une approche symbolique ou poétique que d’un simple propos discursif. En ce sens, ce discours parfois mystérieux de prime abord, est une invitation à la réflexion, à l’élargissement du champ de conscience.
    Comme une braise sur laquelle on souffle, la poésie mystique s’illumine au fur et à mesure que le souffle de notre propre conscience l’échauffe et la fait s’embraser.

    Les cinq formulations n’ont rien de contradictoires. Elles sont plutôt complémentaires. Elles s’enrichissent mutuellement et finissent par converger l’une vers l’autre dans une union sacré. Lorsque la conscience oublie les mots, oublie même la raison discursive, elle parvient à percevoir au fond d’elle même une lumière. L’homme qui vit cela ressent une « joie » profonde. Il expérimente ce que les grands initiés ont pu appeler la « lumière divine », l’éveil, le nirvana.
    Il n’y a absolument pas besoin de « croire » en Dieu pour vivre cela. Il suffit d’observer le monde « sous toutes ses facettes », sans juger, sans se juger.

    Et maintenant quelques éclaircissements au sujet des différentes évocations de Saint jean.

    1 - "Au commencement était le Logos"
    C’est, de mon point de vue, la vision la plus profonde et la plus directement accessible pour un individu de formation scientifique.
    Sans rentrer dans les détails, on peut dire que le logos est l’objet des mathématiques. Comme l’oiseau est l’objet d’étude de l’ornithologie, comme le vivant est l’objet d’étude du biologiste.
    Ceci semble curieux pour le commun des mortels, même pour nombre de mathématiciens. On découvre les mathématiques comme l’on explore un nouveau continent. Il semble que les mathématiques pré-existent avant le mathématicien. Le débat est toujours ouvert mais permettez-moi de clore momentanément. Les mathématiques sont découvertes et non pas inventées (ou construites). Faites-moi confiance un instant comme je fais confiance à l’un des plus grands mathématiciens, Kurt Gödel (il y en a d'autres, Alain Connes, médaille Field, Roland Omnès, physicien théoricien, etc).
    Les mathématiques représentent donc un langage le mieux adapté à la description de ce « fameux » LOGOS.

    « La réponse à cette question (quelle est la nature de l’objet des mathématiques ?) ne peut être alors que celle du platonisme mathématique, c’est à dire l’affirmation de l’existence d’une entité objective et réelle, explorée par les mathématiques et que l’on appelle ici le logos. »Roland Omnès "Alors l'un devint deux".

    « On peut concevoir les ensembles et les concepts comme des objets réels… existants indépendamment de nos définitions et de nos constructions. Il me semble qu’admettre l’existence de tels objets est aussi légitime que d’admettre celle des corps physiques et il y a autant de raisons de croire à leur existence qu’à celle de ces derniers. » Kurt Gödel, "La logique mathématique de Russel." 1944

    Pour faire bref, puisqu'un blog ne doit pas être trop "pénible" (trop long) à lire, les lois fondamentales de l'Univers sont parfaitement décrites par les mathématiques, on peut penser que "le monde est d'essence mathématique" (Igor et Grichka Bogdanov).
    Le monde est donc engendré par le LOGOS, tout est fait à partir de lui, sans lui : rien.
    Relisez Saint Jean, il ne dit rien de moins.

    "Aucommencement était le Logos,
    et le Logos était vers Dieu,
    et le Logos était Dieu."

    Vous le saviez, vous, que le Logos était Dieu ??? :=)

    "La notion même de matière est de plus en plus abstraite, son essence apparaît presque aussi subtile que la pensée." Henri ATLAN
    Je ne suis pas le seul à pressentir cette evanescence de la matière...

    2 - Deuxième approche : "Au commencement était le Verbe"
    Nous sommes ici dans une approche toujours spirituelle mais plus axée sur le "langage".

    "Le langage est la mesure exacte de l'intellect." Richard Maurice Bucke,"La conscience cosmique"

    3 - Troisième approche : "Au commencement était le Souffle"

    Ce qui sépare le monde minéral du monde vivant peut se résumer globalement au souffle, à la respiration. Au commencement... était le souffle. Parce que tout l'objet des évangiles et des grands textes sacrés est de parler de la VIE.

    Dans un tout autre domaine, celui de la physique théorique, tout n'est qu'ondes. Les ondes sont des oscillations, des variations permanentes dans le temps et dans l'espace. Toute chose ne peut être "perçue" que par contraste, par différence dans le temps ou dans l'espace. Sans cette variation, rien n'apparait. C'est la vision Taoïste. Le Yin et le Yang, le haut n'existe qu'avec le bas, le jour par la nuit...
    Cette oscillation permanente ressemble aussi à un souffle, alternance périodique d'inspiration et d'expiration. La Vie succède à la Mort et la Mort succède à la Vie. L'un ne peut exister sans l'autre. Il y a une immense "respiration" universelle dans toutes choses. Au commencement, au fondement, à la base est cette "respiration". Au commencement est le souffle.

    4 - Quatrième approche : "Au commencement était la Parole"

    On parle ici de la Parole de Dieu.

    Cependant, de très nombreux mystiques ont pu constater qu'il en est de même de la parole de l'humain. Sans rentrer dans les détails philosophico-mystico-psychologiques :=) on observe souvent que la "parole" pronnoncée par un homme devient réalité. Certain ont appelé cela la méthode coué, d'autres la pensée positive (ou négative dans certains cas)...
    Il faut atteindre un certain degré de compréhension du monde pour apercevoir cette réalité : Au commencement est la parole (humaine). La réalité, votre réalité, y prend là ses propres racines. Bizarre non ? :=))

    ... à suivre ...

 

 


Pour aller plus loin

"Comme lorsqu'on laisse la fenêtre ouverte et que l'air entre à sa guise, la méditation c'est tout ce que l'air apporte, c'est tout ce qu'est le vent. Mais si vous êtes aux aguets, si vous attendez que le vent s'engouffre par la fenêtre parce que vous l'avez ouverte, jamais le vent ne viendra.
Il faut qu'elle soit ouverte par amour, par affection, en toute liberté, et pas dans l'attente de quelque chose.
Et voilà ce qu'est cet état de beauté, cet état de l'esprit qui voit mais ne demande rien."

J. Krishnamurti

"Il y a deux façons de se leurrer. La première, c'est de croire ce qui n'est pas vrai ; la seconde, c'est de refuser de croire ce qui est vrai."

Soren Kierkegaard